Critique de la lecture des oeuvres architecturales.

Mémoire de Maîtrise sous la direction de Anne Cauquelin, Professeur de Universités.

© Jean-Baptiste Ristorcelli, Sorio di Tenda, Corse.

mail: jbristorcelli@aol.com

Philosophie esthétique et critique de l'architecture

Université de Paris X Nanterre
1989







Monument des Néréides. L'original est au British Museum. (42 av J-C)






architecture pyramide

Pyramide du Pharaon Mikérinos à Gizeh
(2490 av.J-C)






architecture cathédrale Amiens

La cathédrale d'Amiens, 1220-1402.









architecture palais de Cheval

Le Palais Idéal de Cheval, dans la Drôme

      L’Architecture sera entendue ici, non seulement comme « connaissance de la forme » ou comme un ensemble de bâtiments déjà posés que l’on se proposerait d’étudier, mais comme un acte de construire en général, apparition d’une chose par le fait de l’homme. Dans la mesure où une telle apparition renvoie aux rapports dedans/dehors, corps/espace, fin/forme/matière, sacré/profane, elle sera dite architecturale.
   Cependant, c’est l’ARCHÈ « comme origine déjà-là de l’ordre et de la loi », qui vient menacer la TECTURE entendue comme « action de bâtir », en lui retirant à la fois le principe de l’intériorité et toute prétention au fondement ontologique du sujet.
   En effet, si nous supposons que le problème de la tecture rejoint celui que le mythe occupait – la distance qui sépare « le prince présidant à l’ordonnance actuelle du monde » du « principe ou origine du monde » – par une remise en question de l’ordre imposé et de la personne qui le subit ; l’archè, par contre, supprime ce conflit d’identité du sujet dans son rapport à un possible (re)fondement du sens de ses actes.
    L’archè, lorsqu’elle se joint à la tecture, masque le moment où le physicien d’Ionie recouvre de son savoir les pouvoirs de la légende, qui constituaient le rapport doxique du sujet à son passé et peut-être constituait le principe de l'architecture. L’archè, qui rassemble « le commencement, l’origine, l’autorité et le principe », sépare l’individu d’un événement originaire fondateur d’ordre, de sens et d’être, auquel le mythe renvoyait. Le philosophe, héritier du physicien d’Ionie, (re)trouve sans cesse l’archè dans sa pensée, puisque « la phénoménalité actuelle du monde le redit sans écart majeur, y ramène à travers la lisibilité et l’immanence de ses propres lois ». Le physicien trouve alors dans son discours sur le réel-comme-phusis le fondement de son identité, puisque « l’ordre du monde ne peut plus avoir été institué à un moment donné par la vertu d’un agent singulier » (le héros, le dieu, le roi).
   Or nous émettons l’hypothèse, pour ce qui concerne le principe de l'Architecture, d’un individu hanté par la possibilité de re-construire l’ordre, qui désire la refonte d’une identité non aliénée, que l’intériorité définie par la connaissance de la phusis ne parvient pas à soutenir.










architecture temple grec dessin

Image : http://www.planetminecraft.com/project/castle-district/








Perspective de la grande pyramide du Caire.
Edition 1700-1799, BNF.








architecture construction cathédrale

Cage d'écureuil, machine de levage du Moyen Age.







architecture facteur cheval

Le facteur Cheval à Hauterive